10 février 2026
L’art du storytelling

L’art du storytelling : quand les marques racontent des histoires qui nous rassemblent !

Dans un univers publicitaire saturé de messages, capter l’attention ne suffit plus. Ce qui fait la différence aujourd’hui, ce sont les histoires que les marques racontent — et surtout celles dans lesquelles les familles se reconnaissent.

Le storytelling de marque s’est imposé comme l’un des leviers les plus puissants de la communication contemporaine. Bien plus qu’un simple outil marketing, il permet de créer de l’émotion, de la mémorisation et un lien durable entre une marque et ses publics.

Certaines campagnes se consomment distraitement, entre deux scrolls. D’autres, au contraire, s’installent dans le quotidien. Elles provoquent des émotions, suscitent des discussions autour de la table familiale et laissent une trace bien après leur diffusion.

Dans l’univers de la famille, le storytelling émotionnel prend une dimension particulière. Il touche à l’intime, aux souvenirs, aux rituels et aux moments partagés entre générations. Lorsqu’il est sincère et bien construit, le récit devient un point de rencontre entre la marque et la vie réelle.

À travers des exemples emblématiques comme Peppa Pig, Intermarché, Dove ou encore la célèbre chaîne de magasin anglaise John Lewis, cet article décrypte comment certaines marques ont réussi à raconter des histoires qui nous rassemblent — et pourquoi ces récits marquent durablement les esprits.

Le storytelling : devenu incontournable pour les marques

Il y a des campagnes que l’on consomme distraitement, entre deux scrolls ou deux tâches du quotidien. Et puis il y a celles qui s’installent. Celles qui prennent le temps, qui créent de l’attente, de l’émotion, parfois même de la discussion autour de la table familiale.

Ces campagnes-là ne se contentent pas de vendre un produit ou un service : elles racontent une histoire. Et surtout, elles nous invitent à en faire partie.

Dans un monde saturé de messages publicitaires, le storytelling de marque est devenu un levier stratégique majeur. Plus qu’un simple outil créatif il permet de créer du lien, de la mémorisation et de l’attachement. Lorsqu’il est bien maîtrisé, il transforme une prise de parole en expérience, et une marque en repère émotionnel durable.

Pourquoi le storytelling fonctionne-t-il particulièrement auprès des familles ?

Dans le secteur de la famille, cette mécanique est encore plus puissante. Les marques touche à l’intime, au quotidien, aux souvenirs d’enfance, aux rituels, aux émotions partagées entre générations.

Parents comme enfants sont particulièrement sensibles à la sincérité des récits. Les histoires racontées en famille sont souvent celles que l’on retient le plus longtemps, celles qui se transmettent et s’ancrent dans la mémoire collective.

Un storytelling réussi dans cet univers repose donc sur trois piliers essentiels :

  • L’authenticité,
  • La reconnaissance des situations vécues,
  • L’émotion juste, jamais surjouée.

Peppa Pig : quand la fiction devient une histoire familiale collective

Peppa Pig en est une illustration contemporaine fascinante. À première vue, la série raconte des situations simples de la vie quotidienne : aller à l’école, jouer avec ses amis, partir en vacances, gérer de petites frustrations.

Mais derrière cette apparente simplicité se cache une compréhension extrêmement fine des codes familiaux et parentaux.

La récente annonce de la naissance de la petite sœur de Peppa Pig en est un exemple marquant. En reprenant point par point les rituels contemporains de la parentalité (annonce de grossesse, échographie, couverture de magazine, gender reveal, naissance médiatisée), la franchise a brouillé les frontières entre fiction et réalité.

Une narration pensée sur le long terme

Lorsque Maman Pig apparaît à la télévision britannique pour annoncer sa grossesse comme le ferait une célébrité, l’effet est immédiat : réactions massives, commentaires, attachement émotionnel. L’annonce devient un événement suivi pendant plusieurs mois, comme un véritable heureux événement collectif. La naissance d’Evie, annoncée avec une mise en scène rappelant celle des familles royales, parachève ce récit immersif.

Quand le storytelling devient aussi pédagogique 

Ce qui frappe ici, ce n’est pas seulement l’ampleur du dispositif, mais sa cohérence narrative. Chaque prise de parole s’inscrit dans une histoire globale, pensée sur la durée. Le storytelling ne s’arrête pas au buzz : il permet aussi d’aborder des sujets essentiels pour les enfants, comme l’arrivée d’un bébé, la place dans la fratrie ou les émotions contradictoires que cela peut susciter. La narration devient alors un outil pédagogique autant qu’émotionnel.

La force de ce storytelling est qu’il repose sur un principe fondamental : la reconnaissance. Les familles se reconnaissent dans ces situations, dans ces rituels, dans ces émotions. Et cette reconnaissance crée de l’attachement.

PEPPA PIG

Intermarché : le choix du récit long et émotionnel 

À un tout autre niveau, certaines marques de grande consommation ont fait du storytelling un pilier de leur stratégie de communication. Intermarché en est sans doute l’un des exemples les plus emblématiques en France.

Depuis plusieurs années, l’enseigne a pris le parti de raconter de véritables histoires de vie, souvent à travers des films publicitaires bien plus longs que les formats classiques. Les produits ne sont jamais le sujet central, mais ils s’insèrent naturellement dans le quotidien des personnages.

Le loup mal aimé : détourner le conte pour parler de société

 

La dernière campagne autour du « loup mal aimé » illustre parfaitement cette approche. En détournant l’imaginaire du conte, Intermarché propose une relecture sensible et contemporaine. Le loup n’est plus le méchant, mais celui que l’on juge trop vite, celui que l’on exclut. À travers ce personnage, la marque aborde des thèmes universels comme la différence, le regard de l’autre, l’acceptation. Le message dépasse largement le cadre de la grande distribution pour toucher à quelque chose de profondément humain.

Pourquoi les histoires marquent plus que les messages rationnels ?

Ce choix du storytelling long et émotionnel porte ses fruits. Les campagnes d’Intermarché génèrent régulièrement des millions de vues, des taux de complétion très supérieurs à la moyenne et une forte préférence de marque.

Les études montrent que les messages intégrés dans une narration émotionnelle sont jusqu’à vingt fois plus mémorisés que des messages purement rationnels. Le cerveau retient mieux ce qui fait ressentir.

C’est cette même logique qui explique la longévité de certaines publicités devenues cultes :  

  • « T’as craché dans mon Yop ! » 
  • « Maurice, tu pousses le bouchon un peu trop loin » 
  • « Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu ». 

Ces répliques traversent les générations et font aujourd’hui partie de la culture populaire. 

Si l’on s’en souvient encore, ce n’est pas par hasard. Ces campagnes racontaient toutes une histoire simple, incarnée avec des personnages identifiables et une chute mémorable. Le produit s’inscrivait naturellement dans le récit, sans jamais écraser l’histoire. 

Le storytelling de marque, un levier pour s’inscrire dans le temps long

Une bonne histoire ne disparaît pas à la fin d’une campagne. Elle continue de vivre dans les conversations, les souvenirs et les références culturelles partagées.

La chaîne de magasins anglaise John Lewis, et Dove : quand le récit dépasse le produit

À l’international, d’autres exemples confirment cette puissance du récit. Les films de Noël de John Lewis, au Royaume-Uni, sont attendus chaque année comme de véritables événements. Chaque histoire met en scène des thèmes universels : la famille, la solitude, la générosité, le lien intergénérationnel.

De son côté, Dove a construit toute une plateforme autour de la « vraie beauté », en racontant des histoires de femmes réelles, loin des standards idéalisés. Là encore, le produit s’efface pour laisser place à un récit sociétal fort, qui crée de la confiance et de l’adhésion sur le long terme.

Les clés d’un storytelling authentique pour les marques du secteur famille

Comprendre son audience avant de raconter

Ces exemples ont un point commun : une compréhension fine de leur audience et une grande exigence de sincérité. Le storytelling n’est pas un habillage émotionnel artificiel. Il doit être aligné avec les valeurs de la marque, son positionnement et les attentes de ses publics.

Aligner récit, valeurs et actions 

Dans l’univers de la famille, cette exigence est encore plus forte. Les parents sont particulièrement attentifs à l’authenticité des messages. Les enfants, eux, perçoivent instantanément ce qui sonne faux. Raconter une histoire juste, cohérente et incarnée, c’est poser les bases d’une relation de confiance durable. 

Le pouvoir du storytelling de marque en résumé

Le storytelling de marque ne consiste pas à enjoliver un message commercial, mais à raconter des histoires dans lesquelles les familles peuvent se reconnaître.

Les récits les plus efficaces reposent sur l’émotion, l’authenticité et la cohérence sur le long terme. En mettant en scène des situations du quotidien, des personnages incarnés et des valeurs sincères, les marques créent un lien durable avec leurs publics.

Dans l’univers de la famille, raconter une histoire juste, c’est bien plus qu’un levier de communication : c’est une manière de s’inscrire dans les souvenirs, les conversations et les rituels partagés.

Raconter pour mieux rassembler

À l’heure où l’attention est devenue une ressource rare, le storytelling de marque reste l’un des leviers les plus puissants pour émerger durablement. Non pas en parlant plus fort, mais en parlant plus juste. En racontant des histoires qui résonnent avec le quotidien, les émotions et les valeurs des familles.

Les marques qui marquent sont souvent celles qui savent s’effacer derrière leurs récits. Celles qui comprennent que derrière chaque consommateur, il y a une histoire personnelle, des souvenirs partagés, des rituels familiaux. Et que c’est en s’inscrivant dans ces histoires-là que la communication devient véritablement mémorable.

Pour les marques qui évoluent dans l’univers de la famille, raconter une histoire juste n’est jamais anodin. C’est un exercice d’écoute, de sincérité et de cohérence sur le long terme. Un travail de fond, qui mérite d’être pensé avec exigence, sensibilité… et une vraie compréhension des publics à qui l’on s’adresse.