Comment les habitudes médiatiques des enfants et adolescents ont-elles évolué à l’ère numérique ? 

Comment les habitudes médiatiques des enfants et adolescents ont-elles évolué à l’ère numérique ? 

grands-parents et enfant

Comment les habitudes médiatiques des enfants et adolescents ont-elles évolué à l’ère numérique ?

De la télévision aux réseaux sociaux, de nouvelles tendances émergent avec l’essor des technologies numériques. 

La consommation des médias chez les enfants avant l’ère du numérique 

Avant l’essor du numérique, les enfants s’informaient et se divertissaient principalement via des médias traditionnels. Dans les années 70 et 80, la radio jouait un rôle clé en tant que source d’information et de divertissement pour les plus jeunes. Des émissions jeunesse comme Salut les p’tits loups ou Les Histoires du Pince Oreille permettaient aux enfants d’écouter des contes, des chansons et des feuilletons radiophoniques. C’était un média incontournable avant que la télévision ne s’impose progressivement dans les foyers. 

Avec l’essor de la télévision dans les années 80 et 90, celle-ci devient le média dominant dans le quotidien des enfants. Des programmes comme Le Club Dorothée, Les Minikeums ou Disney Club rythmaient leurs journées, diffusés à des horaires stratégiques : le matin avant l’école, l’après-midi ou le week-end. Les chaînes spécialisées, telles que Disney Channel ou Nickelodeon, étaient les piliers d’un divertissement passif et linéaire, où les jeunes spectateurs regardaient les programmes sans possibilité de choix. 

En complément, la presse jeunesse a toujours occupé une place essentielle dans l’apprentissage et le divertissement des enfants. Les magazines pour enfants, tels que Pomme d’Api, Astrapi ou J’aime Lire, accompagnent ainsi les premiers pas des jeunes lecteurs, tandis que les bandes dessinées comme Tom-Tom et Nana, Max et Lili et plus récemment Anatole Latuile, Mortelle Adèle, Ariol… leur permettent de retrouver des héros familiers et de développer un lien affectif avec la lecture. Cet attachement aux personnages et aux histoires encourage d’ailleurs les familles à prolonger l’expérience à la maison, en abonnant leurs enfants à leurs magazines préférés. Cette diversité de médias offrait aux enfants un large choix de contenus, tout en restant encadrée par un contrôle parental fort. Les horaires de visionnage étaient limités et les contenus accessibles, filtrés par les parents, garantissant une certaine maîtrise des messages auxquels les enfants étaient exposés. Une époque où les médias se consommaient de manière plus encadrée, bien loin de la liberté offerte aujourd’hui par le numérique. 

L’impact des nouvelles technologies : l’ère du numérique et de l’interactivité

Avec l’essor d’Internet à la fin des années 90 et au début des années 2000, les habitudes médiatiques des jeunes ont profondément évolué. L’accès au web a marqué une rupture, donnant naissance aux premières plateformes en ligne comme MSN, Skyblog ou Habbo Hôtel, où les enfants et adolescents ont commencé à interagir et à produire leurs propres contenus.

L’ordinateur devient alors le premier support d’accès au numérique, avant que les smartphones et tablettes ne s’imposent dans les années 2010.

Progressivement, l’ordinateur s’impose dans les foyers, devenant un outil central pour l’apprentissage et le divertissement. Puis, l’arrivée des smartphones et tablettes, bien plus tard, a renforcé cette mutation, permettant un usage quasi permanent aux médias numériques.

Aujourd’hui, ces outils sont plus ancrés que jamais dans le quotidien des enfants. En 2024, selon une étude de l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique réalisée par Ipsos, 56% des enfants âgés de 7 à 10 ans possèdent une tablette, principalement utilisée pour regarder leurs programmes préférés. L’étude met également en évidence que 70% des enfants de 7 à 17 ans se connectent quotidiennement à Internet, illustrant un usage précoce et en constante progression du numérique. Internet s’impose désormais comme le centre de leur consommation médiatique, leur offrant un accès immédiat aux contenus, à la demande et sans contrainte de temps.

Qui plus est, les plateformes de streaming, comme YouTube, Netflix ou Disney+, ont révolutionné les habitudes. La série « Bluey » sur Disney+ est devenue un phénomène mondial, disponible dans 140 pays. Suivant l’histoire d’une famille de bouviers, elle fascine par sa simplicité et sa capacité à aider les enfants à comprendre leurs émotions. Disney prévoit même une adaptation cinématographique en 2027. Parallèlement, Netflix avait révolutionné le format en 2017 avec des dessins animés interactifs comme “L’épopée du Chat Potté” ou encore “Gaby et la maison magique”, ce dernier étant prévu pour une adaptation cinématographique en 2025. Les enfants peuvent à présent choisir leur propre scénario, passant de spectateurs passifs à acteurs de leur divertissement, permettant une expérience de visionnage unique et immersive. Les algorithmes de recommandation personnalisés sur YouTube leur permettent d’explorer des contenus adaptés à leurs goûts, et basés sur leurs précédents visionnages, temps passés sur la vidéo, renforçant ainsi une consommation active et autonome. YouTube Kids, lancé il y a presque dix ans, reste un outil incontournable permettant de centraliser les contenus adaptés à une cible plus jeune, mais 2024 voit émerger des plateformes locales adaptées. C’est en juillet 2024 que le leader dans la presse jeunesse Bayard Jeunesse lance BayaM, sa nouvelle plateforme par abonnement pour enfants et adolescents. Comportant vidéo, audio, écrit, jeux, sans algorithme et avec une offre entièrement éditorialisée qui mise sur un contenu éducatif et sécurisé.

Afin de s’adapter aux nouvelles pratiques médiatiques des jeunes, Le Monde des ados a lancé une nouvelle formule combinant édition papier et plateforme numérique. Désormais, le journal propose une version hebdomadaire imprimée pour les abonnés, tandis que son site web offre un suivi quotidien de l’actualité dans un format interactif et sécurisé. « Beaucoup d’enfants n’ont pas encore accès à un smartphone, et leurs parents veulent qu’ils gardent un lien avec le papier. En parallèle, nous proposons une plateforme avec les codes des réseaux sociaux, mais dans un environnement sécurisé », explique Lise Martin, rédactrice en chef. En complément, Le Monde des ados investit WhatsApp, où sa chaîne d’actualité rassemble déjà près de 100 000 abonnés.

Parallèlement, les podcasts connaissent un essor remarquable auprès du jeune public. De plus en plus d’enfants et d’adolescents se tournent vers ces formats audios immersifs, qui offrent une alternative aux écrans tout en stimulant leur imagination. Des plateformes comme Spotify, Audible et Apple Podcasts proposent aujourd’hui des contenus adaptés aux plus jeunes, allant des histoires aux séries éducatives en passant par des émissions interactives.

Les podcasts jeunesse se démarquent comme un support privilégié pour informer et divertir les jeunes générations. En 2023, une étude réalisée par Unique Heritage Media souligne l’émergence du support audio : 67% des jeunes entre 8 et 18 ans en écoutent, que ce soit pour se distraire, s’instruire ou répondre aux demandes des établissements scolaires.

Parmi ces acteurs majeurs, Bayard Jeunesse se distingue avec 20 millions d’écoutes cumulées sur ses différentes productions. L’éditeur propose une offre variée adaptée à tous les âges, dont “La Grande Histoire de Pomme d’Api” (3-7 ans), classée en 48ème position parmi les podcasts les plus écoutés dans la catégorie Famille en janvier 2025 avec plus de 115 111 téléchargements en France, selon l’ACPM. On retrouve “Qui a inventé ?” d’Images Doc (7-12 ans), occupant la 89ᵉ position avec 47 285 téléchargements. Son catalogue s’enrichit aussi d’autres podcasts populaires, tels que “Le Club de Lulu” d’Astrapi (7-11 ans) ou encore “Petits Curieux” (7-12 ans).

Au-delà, d’autres productions audio s’imposent également comme des références auprès de ce public. C’est le cas de “Les Odyssées” ou “Toudou” de France Inter, “Une histoire et…Oli” des contes pour les 5-7 ans, permettent aux enfants d’explorer des récits captivants tout en limitant leur exposition aux écrans. Ce succès s’explique par sa flexibilité et son accessibilité, s’intégrant naturellement dans le quotidien des familles, notamment lors des trajets en voiture, avant le coucher ou en complément des temps de lecture.

 

Les influenceurs : dans le quotidien des jeunes générations  

Les influenceurs, devenus des modèles pour les jeunes générations, sont maintenant incontournables dans les habitudes médiatiques et de consommation des enfants en France. Grâce à leurs contenus engageants et à leur proximité apparente, ils influencent non seulement les tendances culturelles, mais aussi les comportements d’achat des plus jeunes.

Un exemple récent est Squeezie, pendant longtemps le Youtubeur français le plus suivi jusqu’à l’année dernière, a lancé une levée de fonds exceptionnelle pour le Secours Populaire. En mobilisant son immense communauté, il a associé son humour et sa créativité à une cause caritative, comme le montre son projet musical Hit des années 2000. Les bénéfices générés par les ventes de ces chansons ont été intégralement reversés à l’association, renforçant ainsi l’idée que les influenceurs peuvent allier divertissement et engagement social. De son côté, Marie Lopez, alias EnjoyPhoenix, a orienté son contenu vers des sujets écologiques, devenant une voix importante dans la lutte contre la surconsommation. Elle a été parmi les premières à refuser les dotations excessives de marques pour sensibiliser à la réduction des déchets et promouvoir une consommation plus responsable. Son approche inspire de nombreuses jeunes filles à adopter des habitudes durables et respectueuses de l’environnement. Dans le même esprit, des créateurs comme HugoDécrypte captivent les jeunes adolescents en simplifiant des sujets complexes comme le climat ou la politique, tout en leur apprenant à exercer un regard critique sur les informations qu’ils consomment. Ce type de contenu éducatif, accessible et bien structuré, joue un rôle crucial dans l’éducation médiatique et la sensibilisation des jeunes à des enjeux majeurs.

Toutefois, l’essor des partenariats avec les influenceurs et créateurs de contenus soulève des questions éthiques. La frontière entre le contenu divertissant et la publicité devient de plus en plus floue, notamment avec l’augmentation des contenus sponsorisés non signalés de manière transparente. Ce flou est particulièrement préoccupant pour les jeunes audiences, souvent moins aptes à distinguer un partenariat commercial d’un avis authentique. En conséquence, les régulateurs, tels que l’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité dont Com&Kids est membre, ont renforcé les règles encadrant les collaborations, exigeant que les mentions légales soient clairement visibles pour garantir une transparence totale.

Cela démontre que les influenceurs occupent un rôle ambivalent : d’un côté, ils représentent une opportunité unique pour engager les jeunes générations sur des causes importantes, comme l’écologie ou la solidarité ; de l’autre, leur puissance médiatique soulève des enjeux éthiques et nécessite une régulation stricte pour leur jeune audience.

Tendances futures : quels médias pour les enfants de demain ?

L’évolution des technologies numériques annonce des innovations prometteuses :

Réalité augmentée (AR) et virtuelle (VR) :

En 2025, les jeux VR adaptés aux enfants redéfinissent l’apprentissage en mêlant immersion et interactivité. Par exemple, des jeux comme Titans of Space permettent aux enfants d’explorer le système solaire dans un environnement simulé, tandis que Reading World VR propose des aventures interactives pour apprendre à lire de manière ludique. Cependant, la participation des parents est essentielle pour garantir une expérience sécurisée et bénéfique. Par ailleurs, des outils de contrôle parental intégrés aux casques VR permettent de restreindre l’accès à des contenus inappropriés.

Intelligence artificielle (IA) :

Les assistants vocaux comme Amazon Alexa Kids, disponibles en France depuis 2022, montrent déjà comment l’intelligence artificielle peut s’adapter aux besoins spécifiques des enfants. Avec des réponses adaptées à leur âge, des jeux éducatifs et des récits interactifs, Alexa Kids contribue à enrichir leur expérience numérique en toute sécurité.

Sécurité en ligne accrue :

La protection des enfants en ligne reste un défi majeur. C’est pourquoi l’Union européenne travaille activement à travers des initiatives comme la Stratégie BIK+ (Better Internet for Kids) pour collaborer avec les géants technologiques et renforcer les mesures de sécurité. Par exemple, la loi française SREN (Sécuriser et réguler l’espace numérique), adoptée en mai 2024, impose des sanctions aux plateformes qui ne respectent pas les restrictions d’âge ou n’éliminent pas les contenus inappropriés. Instagram, de son côté, a lancé les “Comptes Ado” une initiative visant à protéger les jeunes utilisateurs en intégrant automatiquement des restrictions adaptées à leur âge. Ce dispositif limite les interactions avec des inconnus, restreint l’accès à certains contenus sensibles et impose des paramètres de confidentialité renforcés. De plus, les moins de 16 ans doivent obtenir l’autorisation parentale pour modifier ces protections, permettant ainsi aux familles de mieux encadrer l’utilisation des réseaux sociaux. Ces mesures s’inscrivent dans une volonté plus large de sécuriser l’expérience numérique des plus jeunes et d’apaiser les inquiétudes des parents face à l’hyperconnexion.

 

Conclusion 

L’évolution des technologies a profondément transformé la consommation médiatique des enfants et des adolescents, offrant des expériences immersives, interactives et éducatives. Cependant, cette révolution numérique s’accompagne de défis majeurs, notamment en matière de protection en ligne, de transparence et d’éthique. Entre streaming, podcasts et réseaux sociaux, les médias jeunesse évoluent pour s’adapter aux usages d’une génération ultra-connectée, tout en préservant leur mission éducative.

L’enjeu pour les parents, éducateurs et régulateurs est désormais d’encadrer cette hyperconnexion tout en garantissant un équilibre entre innovation et sécurité, afin de permettre aux jeunes générations de tirer pleinement parti des opportunités qu’offrent ces nouveaux médias, tout en préservant leur bien-être.

Les grands-parents, acteurs clés du marché de la jeunesse

Les grands-parents, acteurs clés du marché de la jeunesse

grands-parents et enfant

Les grands-parents, acteurs clés du marché de la jeunesse

Avec le recul de l’âge auquel les femmes ont leur premier enfant, l’augmentation de l’espérance de vie et la baisse de la natalité, le statut de grand-parent a profondément changé allant de figures d’autorité et de soutient à pilier intégré à la famille moderne.

Cette évolution, visible dans de nombreuses sphères, se révèle particulièrement marquée dans le secteur des enfants et des jouets, où leur impact économique et relationnel est crucial. Aujourd’hui, ces derniers ne sont plus seulement des soutiens familiaux, mais également des acteurs économiques influents, jouant un rôle déterminant dans les dynamiques du secteur jeunesse.

Grands-parents : un rôle au-delà du soutien

Les valeurs traditionnelles patriarcales qui régissaient la famille ont cédé la place à des valeurs de partage et de complicité entre les grands-parents et leurs petits-enfants. L’intergénérationnalité et le besoin de transmission se montrent de plus en plus importants pour les séniors.

Les grands-parents apportent également un soutien financier important. Près des deux tiers ont offert ou anticipé une aide financière pour alléger les contraintes budgétaires des jeunes parents. Leurs dépenses concernent principalement l’alimentation, les jouets, les cadeaux, le transport et les loisirs. Ils ne se contentent plus de soutenir leurs familles de manière occasionnelle. Ils sont devenus des acteurs indispensables dans le quotidien des jeunes générations, tant par leur présence physique que par leur aide financière. Ces informations, issues de l’étude de l’Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations, montrent également que 83 % des grands-parents admettent dépenser davantage lorsqu’ils s’occupent de leurs petits-enfants. Cette générosité se traduit par un budget annuel moyen de 1 650 €. Durant les vacances, ce montant peut augmenter considérablement, englobant les sorties, l’alimentation et les cadeaux. Ces efforts contribuent directement au bien-être des enfants, tout en allégeant la charge des parents.

Si les grands-parents sont généreux, leur rôle économique n’est pas exempt de défis. Près de 57 % des grands-parents avouent dépasser leur budget pour faire plaisir à leurs petits-enfants. Cette dépense supplémentaire se justifie par leur volonté de transmettre des valeurs et de renforcer les liens affectifs.

Les dépenses se répartissent de manière significative :

  • 390 € pour les transports, souvent liés aux visites ou aux activités avec les petits-enfants.
  • 293 € pour les jouets et cadeaux, avec une préférence pour les articles éducatifs.
  • 148 € pour l’habillement, privilégiant souvent des marques éthiques.

Malgré ces montants, certains grands-parents adoptent des stratégies pour optimiser leur budget.

L’épanouissement mutuel des grands-parents et des petits-enfants à travers ces échanges démontre que leur rôle va bien au-delà de l’apport financier. Ils deviennent des repères affectifs et des figures de transmission, indispensables dans le développement émotionnel des enfants.

L’évolution des comportements de consommation chez les grands-parents

L’investissement des grands-parents dans la vie de leurs petits-enfants s’illustre également par leurs choix de consommation, souvent guidés par un souci de qualité et de responsabilité. Une enquête Ipsos montre que 36 % des grands-parents achètent davantage de produits bio lorsqu’ils cuisinent pour leurs petits-enfants, et 37 % privilégient les produits locaux. Ces choix traduisent une volonté de transmettre des habitudes de consommation saines et respectueuses de l’environnement. Cette démarche s’étend aux achats de jouets. Les grands-parents, soucieux du développement intellectuel et émotionnel des enfants, optent souvent pour des jeux éducatifs ou collaboratifs.

Ces objets permettent d’allier apprentissage et plaisir, renforçant à la fois les compétences des enfants et les liens familiaux. L’investissement des grands-parents ne se limite pas aux biens matériels. En effet, Ipsos en partenariat avec l’Observatoire E.Leclerc des nouvelles consommations, publies que 80 % des grands-parents déclarent être prêts à dépenser davantage pour offrir des expériences culturelles ou éducatives à leurs petits-enfants selon l’enquête. Ces activités, comme les sorties au musée, les ateliers créatifs ou les spectacles, constituent autant d’occasions de transmettre des valeurs et de renforcer les relations intergénérationnelles.

Devenir grands-parents déclenche souvent de nouveaux comportements de consommation. Comme le souligne l’étude récente The Senior List sur ce sujet, 63 % des grands-parents ont découvert de nouvelles marques après la naissance de leurs petits-enfants, plaçant le fait de devenir grand parent comme évènement changeant profondément la personne concernée. Ils sont également très attentifs à la composition des produits, avec 83 % d’entre eux scrutant les étiquettes pour s’assurer de la qualité et de la sécurité des produits.

Une dynamique intergénérationnelle enrichissante

Au-delà de ces aspects matériels, les interactions entre grands-parents et petits-enfants jouent un rôle central dans l’équilibre familial. D’après une étude américaine réalisée par The Senior List, citée par Parents.fr, 75 % des grands-parents jugent le temps passé avec leurs petits-enfants comme la forme d’aide la plus gratifiante. Ces moments de complicité permettent de transmettre des traditions, de renforcer les valeurs familiales et de partager des enseignements de vie.

L’arrivée d’un petit-enfant chamboule souvent les rythmes de vie des grands-parents. Toujours selon l’Institut E. Leclerc, 61 % des grands-parents déclarent que la naissance de leur premier petit-enfant a significativement modifié leur quotidien. Malgré cela, 37 % d’entre eux estiment que leurs enfants ne leur confient pas assez souvent leurs petits-enfants.

Les grands-parents se montrent surtout très soucieux de bien faire, selon la psychologue Marie-Françoise Fuchs. Ils ont une forte volonté de séduction envers leurs petits-enfants, ce qui peut parfois provoquer des conflits avec les parents. Cette dynamique reflète leur désir d’affirmer leur indépendance dans la relation avec leurs petits-enfants.

Les grands-parents : une cible stratégique pour les marques

Les marques ont bien compris l’importance des grands-parents en tant que cible. Elles adaptent leurs stratégies marketing en mettant en avant des valeurs comme la durabilité, la transmission et l’authenticité, répondant ainsi à leurs attentes spécifiques. Les campagnes axées sur les produits bio ou fabriqués localement rencontrent un franc succès auprès de cette audience exigeante et connectée. Les jouets interactifs, les articles axés sur la sécurité ou encore les produits éco-responsables suscitent particulièrement leur intérêt. En valorisant des produits éthiques, sûrs et durables, les marques répondent non seulement aux besoins des grands-parents, mais aussi à leur désir de transmettre des valeurs positives aux jeunes générations.

De plus, l’attachement des grands-parents aux expériences de qualité ouvre la voie à des initiatives marketing innovantes. Les marques investissent dans des expériences immersives, comme des ateliers en magasin ou des animations, qui renforcent l’engagement émotionnel de cette cible. Ces événements permettent également de consolider leur rôle de prescripteurs d’achat en favorisant des moments de partage avec leurs petits-enfants.

Cette implication croissante des grands-parents dans la vie de leurs petits-enfants s’accompagne d’une adoption accrue des outils numériques. Ce virage numérique leur permet de devenir des prescripteurs d’achat influents, en particulier grâce aux plateformes en ligne où ils peuvent explorer, comparer et commander des produits répondant aux besoins spécifiques des enfants. Les marques exploitent cet engouement pour le digital en développant des contenus pédagogiques et interactifs, tels que des guides d’achat dédiés ou des tutoriels mettant en avant les bénéfices de leurs produits pour le développement des enfants.

Les grands-parents représentent aujourd’hui une clientèle stratégique dans le secteur des enfants, offrant aux marques une opportunité unique de répondre à leurs attentes en matière de qualité, sécurité et durabilité tout en consolidant leur place dans les foyers. En misant sur cette audience, les entreprises participent non seulement au renforcement des liens familiaux, mais également à l’épanouissement des jeunes générations.

Les grands-parents : piliers de la consommation intergénérationnelle

Les grands-parents sont devenus des acteurs essentiels dans la consommation liée à la jeunesse, transformant à la fois les dynamiques familiales et les marchés dédiés aux enfants. Leur rôle a évolué de simples soutiens affectifs à prescripteurs d’achat influents, portés par leur désir de partager des moments privilégiés avec leurs petits-enfants et leur capacité à s’adapter aux nouvelles technologies et tendances. Cette évolution souligne leur générosité, leur engagement affectif et leur position de transmetteurs de valeurs, les plaçant au cœur des stratégies des marques. Pour les entreprises de jouets et de puériculture, s’adresser à ce public représente une opportunité unique de répondre à leurs attentes en matière de qualité, sécurité et durabilité, tout en valorisant leur rôle intergénérationnel. En les intégrant pleinement dans leurs démarches, les marques peuvent renforcer les liens familiaux et accompagner l’épanouissement des jeunes générations.

 

Source :

*Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations en partenariat avec IPSOS

* Grandparents Spend an Average of $4,000 a Year on Grandkids, The Senior List,

Quand apprendre devient un jeu d’enfant ! L’impact des jeux éducatifs sur les plus jeunes

Quand apprendre devient un jeu d’enfant ! L’impact des jeux éducatifs sur les plus jeunes

dessins animés enfant

Quand apprendre devient un jeu d’enfant !  L’impact des jeux éducatifs sur les plus jeunes

Les jeux éducatifs ont une longue histoire et les premières mentions de l’utilisation du jeu à des fins éducatives remontent à l’Antiquité. Des philosophes comme Quintilien et Platon prônaient déjà l’idée que l’apprentissage devait être associé au jeu. Puis au fil du temps, les jeux éducatifs ont évolué au rythme des idées pédagogiques et des besoins sociétaux. Aujourd’hui, ils sont toujours très plébiscités par les parents et s’imposent comme des outils incontournables pour permettre aux enfants d’apprendre tout en s’amusant.

Que ce soit à la maison, à l’école ou dans toute autre structure pédagogique, ces jeux permettent de combiner apprentissage et divertissement. De nombreuses études ont démontré les multiples bienfaits de ces jeux éducatifs sur le plan intellectuel, social et émotionnel.

Les jeux éducatifs, de véritables boosters pour le développement cognitif des enfants

Selon les psychologues, l’interaction entre l’enfant et les jeux éducatifs produit des résultats tangibles sur son développement intellectuel. Par exemple, lorsqu’un enfant réalise une construction, il comprend rapidement que ses actions ont des conséquences : s’il touche la structure, elle peut s’écrouler. Cela va l’aider à résoudre des problèmes de plus en plus complexes.

Au-delà de cette réflexion, d’autres compétences essentielles sont développées. Par exemple, des jeux comme les puzzles permettent de stimuler leur motricité fine et d’accroître leur sens logique. Les jeux de société, quant à eux, aident à structurer la pensée et à améliorer la concentration.

Les jeux éducatifs stimulent également tous les sens des enfants. En manipulant les différents objets comme des cartes ou des pions, les tout-petits vont découvrir des textures, des couleurs et même des sons parfois. Toute cette exploration sensorielle va les aider à grandir en douceur et à enrichir également leur vocabulaire.

Les jeux éducatifs permettent de développer les connaissances

Ces derniers peuvent couvrir une grande variété de domaines, que ce soit les sciences, les mathématiques, les langues ou encore la géographie… Apprendre de manière ludique est un très bon moyen pour favoriser la mémorisation.

Certains jeux éducatifs permettent également d’ancrer de bonnes pratiques dès le plus jeune âge tout en renforçant conscience environnementale des enfants. Plusieurs études ont démontré que les enfants exposés dès leur plus jeune âge à des jeux sur la protection de la nature développaient une plus grande sensibilité aux questions écologiques et intégraient plus facilement des comportements écoresponsables dans leur quotidien. Des jeux comme « Sauve ta Planète » axés sur des concepts tels que la gestion des ressources et la protection de la biodiversité, permettent d’introduire des notions complexes de manière ludique et accessible pour les enfants. Ces jeux ne se contentent pas de divertir, mais offrent une véritable éducation écologique dès le plus jeune âge, participant ainsi à former des citoyens plus conscients des enjeux environnementaux contemporains.

En les sensibilisant à l’importance du respect de la nature et de l’environnement grâce à ces jeux, ils rendent accessibles des concepts complexes comme la biodiversité, le réchauffement climatique ou la gestion des ressources, tout en inculquant de manière ludique les bonnes pratiques à adopter au quotidien. Ces jeux favorisent ainsi l’émergence d’une génération plus consciente, plus respectueuse et mieux préparée à relever les défis environnementaux de demain.

Un apprentissage social en douceur pour les enfants, grâce aux jeux éducatifs

Au-delà des compétences intellectuelles, les jeux éducatifs sont également d’excellents moyens pour développer des compétences sociales qui seront essentielles pour l’enfant plus tard. Lorsqu’un enfant joue avec d’autres camarades, il apprend à partager, à attendre son tour et à faire des compromis. Ces interactions vont l’aider à se préparer en douceur à la vie en société.  Chez les tout-petits, perdre à un jeu peut être très dur émotionnellement parlant. Afin de les accompagner progressivement et de les aider dans cette étape, de nombreuses marques développent des jeux dit coopératifs où il n’y a ni gagnant ni perdant. Les enfants apprennent d’abord à jouer tous ensemble dans la même équipe avant de se lancer plus tard dans des modes de jeu plus compétitifs. Cela va leur apprendre à développer leurs compétences de leadership ou de prise de décision.

Ces jeux encouragent la communication, l’écoute, et l’acceptation de points de vue divergents.  Et à l’inverse, la réussite dans les jeux éducatifs procure aux enfants un sentiment d’accomplissement qui renforce leur confiance en eux. Cela, précisément, les encourage à relever de nouveau défi, à positiver, à persévérer face aux difficultés mais à comprendre particulièrement l’importance de travailler ensemble pour atteindre un objectif commun, une compétence précieuse dans leur futur parcours éducatif et professionnel.

Un apprentissage social en douceur pour les enfants, grâce aux jeux éducatifs

Selon les psychologues, l’interaction entre l’enfant et les jeux éducatifs produit des résultats tangibles sur son développement intellectuel. Par exemple, lorsqu’un enfant réalise une construction, il comprend rapidement que ses actions ont des conséquences : s’il touche la structure, elle peut s’écrouler. Cela va l’aider à résoudre des problèmes de plus en plus complexes.

Au-delà de cette réflexion, d’autres compétences essentielles sont développées. Par exemple, des jeux comme les puzzles permettent de stimuler leur motricité fine et d’accroître leur sens logique. Les jeux de société, quant à eux, aident à structurer la pensée et à améliorer la concentration.

Les jeux éducatifs stimulent également tous les sens des enfants. En manipulant les différents objets comme des cartes ou des pions, les tout-petits vont découvrir des textures, des couleurs et même des sons parfois. Toute cette exploration sensorielle va les aider à grandir en douceur et à enrichir également leur vocabulaire.

Quand les jeux éducatifs deviennent les piliers de l’enseignement 

En France, l’école alternative Montessori a depuis plusieurs décennies placé le jeu éducatif au cœur de ses méthodes d’enseignement. A travers des activités ludiques, les enfants vont apprendre à leur rythme tout en développant leur créativité et leur autonomie.

Les méthodes Montessori, sont depuis longtemps reconnues pour leur efficacité. Dans les systèmes scolaires basés sur la pédagogie Montessori, les jeux éducatifs permettent aux enfants d’apprendre à leur rythme, tout en explorant de manière autonome des concepts complexes. Le matériel Montessori, tel que les barres numériques, les puzzles géographiques, et d’autres objets sensoriels, est spécifiquement conçu pour encourager l’apprentissage autonome et expérimental des enfants. Ces outils ne sont pas seulement des jouets, mais des instruments éducatifs qui permettent à l’enfant de comprendre des concepts abstraits à travers des manipulations concrètes.

Par exemple, les barres numériques aident les enfants à visualiser et à comprendre les notions de quantité et de relation entre les nombres. De même, les puzzles géographiques leur permettent de découvrir la géographie à travers un apprentissage actif, en touchant et en déplaçant les différentes parties d’un puzzle représentant des continents ou des pays.

Cette approche favorise non seulement le développement cognitif mais aussi la motricité fine et la concentration. Les enfants sont libres de manipuler ces outils à leur propre rythme, sans la pression d’un résultat immédiat. Cela renforce leur confiance en eux et leur donne un sentiment d’accomplissement lorsqu’ils résolvent un problème ou finissent une activité. Les erreurs sont perçues comme des opportunités d’apprentissage, et les enfants apprennent à persévérer face aux défis. Cela permet d’adapter les activités à différents niveaux de difficulté, ce qui encourage un apprentissage progressif. Un enfant peut commencer par des concepts simples, puis évoluer vers des tâches plus complexes à mesure qu’il acquiert des compétences.

Cet aspect progressif du matériel soutient la personnalisation de l’apprentissage, où chaque enfant est respecté dans son individualité et son rythme de progression.

Des jeux éducatifs pour favoriser un apprentissage plus inclusif 

L’inclusivité dans les jeux éducatifs est une tendance croissante dans l’industrie du jouet, répondant à un besoin fondamental : permettre à chaque enfant, quelles que soient ses capacités, d’accéder à l’apprentissage. De plus en plus de jeux sont conçus avec l’idée de soutenir les enfants présentant des troubles comme l’autisme, la dyslexie ou d’autres difficultés d’apprentissage. Les enfants atteints de troubles du spectre autistique (TSA) peuvent bénéficier de jeux qui les aident à améliorer leurs compétences sociales et émotionnelles.

Des jeux éducatifs axés sur la reconnaissance des émotions, comme ceux qui utilisent des cartes visuelles et des sons associés à des expressions faciales, aident ces enfants à mieux comprendre et interpréter les émotions. Cela favorise leur inclusion dans des contextes sociaux, leur permettant de développer des compétences cruciales pour la communication. Les enfants dyslexiques, quant à eux, peuvent être soutenus dans leur apprentissage de la lecture par des jeux qui associent sons et images pour renforcer les compétences linguistiques. En combinant des éléments auditifs et visuels, ces jeux facilitent l’acquisition de la lecture et aident à surmonter les difficultés associées à la dyslexie. Ces outils permettent d’adapter l’apprentissage au rythme et aux besoins de chaque enfant, rendant l’éducation plus accessible. Cette quête d’inclusion s’étend également à d’autres handicaps, tels que les troubles moteurs ou visuels. Des jeux éducatifs utilisant des textures, des sons, ou des objets interactifs apportent des solutions innovantes pour rendre l’apprentissage plus sensoriel et adapté à tous les enfants.

Qu’ils soient physiques ou numériques, les jeux éducatifs ont prouvé qu’ils étaient bien plus que de simples distractions pour les enfants et s’imposent aujourd’hui comme étant des outils pédagogiques puissants. En offrant un cadre ludique où se mêlent apprentissage, développement social et émotionnel, ces outils pédagogiques permettent aux enfants de grandir tout en renforçant leur créativité, leur autonomie et leurs compétences cognitives. Dans un monde où l’éducation évolue pour s’adapter aux besoins de chaque enfant, les jeux éducatifs deviennent des alliés incontournables pour les parents. Non seulement ils rendent l’apprentissage plus accessible et motivant, mais ils offrent aussi une approche plus complète et inclusive de l’éducation, en prenant en compte les différences et en promouvant une vision collaborative du monde.  

Plus que jamais, apprendre devient un véritable jeu d’enfant, ouvrant la voie à une génération mieux préparée à affronter les défis de demain. 

L’importance du lien entre professionnels de santé et marques du secteur Kids

L’importance du lien entre professionnels de santé et marques du secteur Kids

dessins animés enfant

L’importance du lien entre professionnels de santé et marques du secteur Kids

Dans un contexte de diversification des corps de santé et d’attrait grandissant des enjeux liés aussi bien à la parentalité qu’au bon développement de l’enfant (réappropriation du corps de la femme en post partum, rôle du père dans la construction du lien avec le nourrisson, physiologie du bébé, développement du langage, etc.) les professionnels de santé gagnent en influence et développent leurs moyens de communiquer avec un public de plus en plus large.

Nous pouvons retrouver de nombreux professionnels de santé qui trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux tels qu’Instagram ou TikTok, qui offrent un espace nouveau et plus large pour partager leur expertise auprès des futurs et jeunes parents.

Ceux-là sont sensibles à ces contenus puisqu’ils permettent de transmettre des informations relatives à la santé, à l’alimentation ou encore au sommeil de manière centralisée et par le biais d’un relais de confiance. Dans une période stressante pour les jeunes parents, favoriser le dialogue permet de rassurer et de dissiper les craintes par la sensibilisation et les conseils. C’est d’ailleurs une des racines du développement de l’influence chez les professionnels de santé qui proposent du contenu sur des thématiques telles que la DME (diversification alimentaire menée par l’enfant), le développement ou le sommeil des enfants. Ces passionnés ou experts donnent leurs avis sur des produits, expliquent les diverses situations que les parents peuvent rencontrer, ou encore donnent leurs conseils à partir de leurs expertises au même titre que des influenceurs, mais avec un rôle de sensibilisation et formateur.

Les professionnels de santé occupent un rôle crucial pour les familles en offrant un accompagnement aux parents à la manière entre autres des sage-femmes qui permettent d’un côté un suivi rigoureux de la grossesse avec un pouvoir de diagnostic ainsi qu’un droit de prescription, mais aussi un soutien psychologique relatif au post-partum ou à la réappropriation du corps après l’accouchement. Le rapprochement avec les marques semble alors pertinent en ce sens qu’il peut permettre de coconstruire des contenus pédagogiques pour les parents de demain.

Un cadre législatif est toutefois en vigueur et délimité par la non-publicité médicamenteuse. En France, les professionnels peuvent bien entendu conseiller et citer des produits et aussi en recevoir, mais sans collaboration commerciale : la recommandation se fait de son propre chef sur la base de son expérience personnelle. Certains experts apparaissent cependant dans les contenus de marques, mais pour traiter d’un sujet de santé relatif à leur profession dans un spectre plus large.

Ainsi, pourquoi travailler avec des experts de santé ?

Car l’expertise des professionnels permet une valorisation des contenus et constitue une plus-value non négligeable !

Lorsque les marques et les experts travaillent ensemble, la marque fournit la plateforme, les produits et l’univers de marque tandis que la contribution de l’expert réside à la fois dans l’expertise « pure et dure » donnée (les conseils et les informations) mais aussi dans la posture de professionnel qu’il endosse. Par son savoir spécialisé autour des enfants et/ou de la puériculture, il apporte indéniablement des connaissances supplémentaires autant pour les individus que pour la marque.

L’expert de santé peut par ailleurs mettre en lumière des aspects moins évidents de l’utilisation des produits de la marque. Par exemple, il peut souligner des éléments tels que l’impact environnemental, les ingrédients controversés et leurs alternatives ou encore les recommandations relatives au produit. À titre d’illustration, lors d’une prise de parole relative à la poubelle à couches Tommee Tippee sur les enjeux du change pour les parents et pour bébé, une experte a pu mettre en lumière l’aspect hygiénique et bactériologique pour l’enfant. Ainsi, de précieux conseils ont été donnés sur la disposition de la poubelle dans la chambre et sur l’importance d’avoir des sacs à couches fermés. Les contenus sont qualitatifs, clairs, explicites et s’inscrivent dans la ligne éditoriale du conseil. Dans le contexte de la stratégie de communication de la marque suédoise BabyBjörn, il a été question de faire appel à une ostéopathe afin d’ouvrir le dialogue sur la position physiologique des bébés. Dans ce cas client, l’experte permet de sensibiliser les parents à avoir une bonne position dans les porte-bébés, et de respecter les règles de sécurité pour bien porter son bébé, mais surtout, de faire passer certains messages sur les besoins des tout-petits, et notamment ce besoin de proximité que permet le portage.

De plus, par leur expertise, les professionnels de santé apportent de la crédibilité au discours de la marque et a la capacité d’appuyer les supports de communication proposés. On peut noter à titre d’exemple le vocabulaire utilisé par les experts ayant travaillé avec Pediakid. Pour des contenus cocréés avec la marque de complément alimentaire, les experts ont en effet pris soin de détailler ce qu’était un nutriment, et quels étaient les besoins nutritionnels des enfants.
Ces échanges permettent donc d’informer le consommateur de manière plus complète. En ce sens, la collaboration avec des experts de santé permet également d’apporter un élément de différenciation par rapport à la concurrence, mais aussi de se présenter comme sérieux dans sa démarche.

Car la création de contenu avec des spécialistes permet de consolider la préférence de marque auprès des parents et des futurs parents !

 

En matière de santé ou de puériculture, la cible principale reste les parents et les futurs parents à la recherche de conseils. À travers des vidéos, des évènements ou toute sorte d’interventions, les professionnels sont en mesure de répondre aux questionnements et aux inquiétudes des adultes sur un sujet donné. Dans une démarche de brand content et de préférence de marque, les experts parleront d’alimentation, de sommeil ou encore de développement plus que d’un produit ou d’une marque en particulier. Il n’est donc pas question de créer une préférence d’achat de suite pour les consommateurs, mais bien de positionner la marque comme alliée des parents en quête de conseils et d’informations fiables. C’est pourquoi autant de ressources telles que des livres blancs, des tableaux, des tests, des diagnostics, des recettes, des fiches et des contenus explicatifs sont accessibles.

La présence d’un expert de santé renforce aussi indubitablement la crédibilité de la marque et les parents comme les consommateurs sont plus susceptibles d’accorder leur confiance. Cela peut conduire à une meilleure perception de la marque et à une fidélité accrue des clients. Le programme Bing destiné aux jeunes téléspectateurs, s’est rapproché de psychologues et de pédopsychiatres autant dans la conception des épisodes que dans la communication qui en a découlé. L’objectif de la marque était de produire un programme se rapprochant le plus possible de la perception d’un enfant sur son quotidien en utilisant l’éducation positive et l’importance de mettre des mots sur ses émotions a grandement été mise en avant grâce à des opérations d’influence. Par ces contenus didactiques et pédagogiques, les individus ne sont pas perçus et traités comme des consommateurs, mais bien comme une réelle communauté où chacun se sent à même de poser des questions et d’échanger sur un sujet commun et dans le cas de notre dessin animé, des clefs ont été données aux parents afin de faciliter le dialogue avec les enfants sur les émotions ressenties dans leur quotidien.

 

Car le rapprochement avec ces corps de métier permet de créer du lien avec les prescripteurs d’achat et les leaders d’opinions :

D’un point de vue marketing et stratégique, ce sont bien ces personnes qui sont en premier contact avec les futurs parents, car en effet, les cours d’allaitement ou bien de portage peuvent s’effectuer lors du dernier trimestre de grossesse ou bien dès les premiers mois du nouveau-né. Les professionnels de santé sont présents lors d’une période décisive pour les parents et leurs conseils en termes de produits ou de conseils ont une valeur non négligeable pour les modes de consommation futurs des patients. En ce sens, les marques faisant du gifting aux professionnels auront une chance de voir leurs produits tester en amont puis conseillés auprès de futurs clients si celui-ci sait convaincre le professionnel en question. La recommandation étant l’objectif final, certaines marques telles que Tommee Tippee ont travaillé le bouche-à-oreille de manière douce afin de devenir une référence auprès d’experts.  

Enfin, l’affiliation à une marque lors d’une intervention ou d’une rencontre est également bénéfique pour le professionnel de santé. En effet, celui-ci voit sa visibilité amplifiée par les canaux de communication de la marque et pourra donc atteindre un public plus vaste. Il peut ainsi partager son expertise, des bonnes pratiques et aider les consommateurs à prendre des décisions éclairées. La collaboration avec une marque peut également permettre d’avoir accès à des ressources supplémentaires pour développer des projets de plus grande ampleur, comme des lieux d’échanges et de rencontres.

En somme, il s’agit d’une relation gagnante-gagnante aussi bien pour la marque que pour les experts de santé, mais aussi pour les consommateurs.

L’usage adapté et la valeur des dessins animés pour les enfants

L’usage adapté et la valeur des dessins animés pour les enfants

dessins animés enfant

L’usage adapté et la valeur des dessins animés pour les enfants

Plus que de simples produits de divertissement, les dessins animés font amplement partie de la pop-culture et du patrimoine que l’on peut attribuer à une génération donnée. L’influence de ce format et de ses contenus est reconnue de manière incontestable au vu d’une part, de la variété de l’offre proposée et d’autre part, des débats suscités par les effets des écrans ou des programmes sur les jeunes téléspectateurs.

Bien que les dessins animés soient la version actuelle des contes et des légendes, ils restent parfois un sujet controversé. Malgré les valeurs transmises et les messages positifs pouvant être une source de socialisation complémentaire pour les enfants, c’est une utilisation prudente des écrans et un choix de programmes adapté à chaque stade de développement des jeunes enfants qui permettront de tirer le meilleur des dessins animés.

Des contenus ancrés dans les sociétés

La racine des dessins animés se trouve dans les contes et histoires orales transmises aux enfants pour leur inculquer une morale et des explications aux questions existentielles telles que la mort ou la peur de l’abandon par exemple. En effet, le fait d’imager des idées abstraites permet une meilleure compréhension par un jeune public qui ne peut encore comprendre sans représentations. Les vitraux des églises permettaient d’ailleurs de raconter une histoire transmettant un modèle de conduite à une population majoritairement illettrée. L es illustrations ont accompagné les récits témoins de l’histoire des sociétés. Aujourd’hui également, ces contenus dessinés et animés sont utilisés par les hôpitaux pour simplifier la compréhension des patients dans le milieu médical. Nous pouvons prendre l’exemple de l’institut méditerranéen de protonthérapie qui a investi dans 4 courts-métrages animés afin d’expliquer aux enfants et à leur famille le processus de radiothérapie.

Le potentiel de ces histoires par l’animation a été repris le plus tôt possible dès la période industrielle à des fins de formation ou de propagande. En ce sens, le gouvernement américain a par exemple commandé durant la Seconde Guerre mondiale 32 dessins animés antinazis au studio d’animation Walt Disney. Les dessins animés mettaient en scène des personnages pour transmettre des valeurs et une idéologie au jeune public on ne peut plus influençable.

C’est ainsi dans les années 50 que les dessins animés se démocratisent avec la prolifération des chaînes de télévision et commencent leur véritable ascension. Ces programmes se sont progressivement diversifiés avec dans les années 50 et 60, des licences tournées vers l’humour et pleines d’esprit telles que Scooby Doo, Les Looney Tunes ou encore Tom et Jerry. Les super-héros sont ensuite arrivés dans les années 70 avec GI Joe, les Tortues Ninja et He-Man. Enfin, dans les années 90, des programmes offrant un commentaire social et sociétal ont gagné en popularité comme par exemple, les Simpson, South Park ou Futurama. En 2024, les dessins animés représentent 20,6% de la consommation audiovisuelle des enfants de 4-14 ans (et 25,6% pour les 4-10 ans) au sens du centre national du cinéma et de l’image animée. L’animation française est une des premières productions mondiales et seconde consommatrice de manga au monde.

 

Toutefois, les dessins animés ont parfois été décriés et des controverses se sont créées quant à l’utilisation des écrans pour les enfants

Dans un souci de santé publique et de protection des jeunes téléspectateurs, les dérives des écrans et leur utilisation abusive sont régulièrement mises sur le devant de la scène. Des rapports sur le temps passé devant un ordinateur, le nombre d’écrans par famille ou encore le taux estimé de cyberharcèlement sont des données aujourd’hui très accessibles. En effet, le dessin animé va capter la concentration immédiate de l’enfant tandis que la concentration volontaire (qui permet de se concentrer ou bien d’exprimer la créativité) passe au second plan. La question de la violence de certaines scènes et de la réduction du lien entre fiction et réalité a aussi été pointée du doigt suscitant exactement les mêmes questionnements que pour les mangas et les jeux vidéo.

Toutefois, les dessins animés qui sont un prolongement des contes et histoires comme nous l’avons exprimé précédemment ne sont pas à remettre en cause dans leur intégralité. C’est la consommation de programmes inadaptés par rapport à l’âge et une surexposition de l’enfant aux écrans qui peut poser un souci et entrainer des effets néfastes sur sa santé. Quand, aux animations, elles peuvent être un outil précieux pour les parents lorsque les programmes sont en adéquation avec le développement cognitif des enfants.

Des programmes cependant tournés vers la transmission de valeurs et la socialisation des jeunes spectateurs

Avec la mise en scène de situations plus ou moins proches de la vie des enfants, les dessins animés sont moteurs d’exemple et de comportements à suivre pour les jeunes téléspectateurs. En effet, observer différents personnages et s’identifier à certains d’entre eux permet à l’enfant d’expérimenter des types de réactions, d’attitudes et de codes sociaux possibles, et contribue à son développement socioaffectif par le mécanisme de l’imitation.

Tout d’abord, le dessin animé va poser des mots sur des émotions vécues, des ressentis abstraits et permettre de les inscrire dans un schéma émotionnel. A titre d’exemple, les pleurs, réaction spontanée d’un enfant, vont pouvoir être montrées comme résultantes de tristesse, de frustration ou encore de trop plein émotionnel. Ce sont de nouveaux mots qui vont permettre à l’enfant de comprendre plus en détail ce qu’il ressent à l’instar des personnages des fictions regardées. Certains programmes se donnent d’ailleurs principalement cette mission comme Bing qui dépeint la vie d’un petit garçon d’âge périscolaire et des petits tracas pouvant être rencontrés.

Les dessins animés et films d’animation permettent également de surmonter les épreuves de la vie et les évènements plus difficiles tels que les deuils, la solitude ou la perte. Respectivement, Bambi, Le Roi Lion ou Némo traitent de ces sujets et montrent qu’il est possible de surmonter ces situations. Ils peuvent être également des supports relatifs au dialogue entre parent et enfant sur des sujets complexes à traiter et sur des situations difficilement repérables. Prenons l’exemple du Harcèlement scolaire : une des scènes souvent oubliée du début du film d’animation Lilo et Stitch montre la jeune fille délaissée de sa classe. Les autres filles la poussent, ne veulent pas jouer avec elle et se moquent de sa poupée « Bouillon ». Ici le visionnage du film serait un support idéal pour demander à l’enfant si celui-ci se sent comme Lilo à l’école ou bien comment compterait-il réagir si une Lilo était dans sa classe (Irait-il consoler la jeune fille ? Irait-il en parler à un adulte ?). Le visionnage de ces scènes permettrait alors d’instaurer les conditions idéales au dialogue et à l’échange.

Les dessins animés, tout comme la culture au sens large, permettent de confronter un public à une situation qui lui est plus ou moins éloignée et ainsi, de pouvoir éprouver par procuration les émotions associées. C’est d’ailleurs la genèse de la « cinémathérapie » qui utilise plus ou moins ces procédés.
Comme nous l’avons mentionné quant à l’apprentissage de l’enfant par l’imitation, les dessins animés permettent une transmission de règles sociales. Et, aujourd’hui, les parents attendent aussi des dessins animés un rôle dans le développement de leur enfant. En ce sens, une étude de IDM Families réalisée en 2021 montre l’importance de ce support pour les familles. L’étude précise que 3 parents sur 5 considèrent que les dessins animés contribuent à la construction de la propre personnalité de leur enfant, en complément des activités extra-scolaires, des activités en famille et des jeux libres. Les programmes s’adaptent alors aux attentes des parents et les dessins animés pointent du doigt certains sentiments encore peu explorés jusqu’à présent. C’est le Cas de Gabby et la Maison Magique qui porte son attention sur l’importance d’essayer et du droit à l’erreur pour l’enfant.

Parmi les valeurs prioritaires à transmettre à leurs enfants, les parents citent :

  • La confiance en soi à 88%
  • Le respect des autres à 87%
  • L’honnêteté à 86%

 

La solution se trouverait alors dans la recherche d’un usage adapté des dessins animés suivant le développement cognitif de l’enfant. Pour les jeunes téléspectateurs, la présence d’un adulte avec qui dialoguer de manière libre est « indispensable »

 

La partie qui va suivre suit les théories de Piaget, fondamentaux de la psychologie du développement, sur les stades de développement cognitif de l’enfant et le processus d’intégration des images par les petits selon la psychologue clinicienne Geneviève Djenati dans son ouvrage « Psychanalyse des dessins animés » (2001).

  • Stade sensorimoteur (0-2 ans)

A cet âge, l’enfant comprend le monde en partant de réflexions innées. Il répète des actions au hasard en constatant les conséquences directes : l’enfant construit des schémas de répétition à partir de son propre corps (ex. tirer, faire tomber un objet etc.).

Bien que les écrans soient déconseillés à cette période, les dessins animés dits « adaptés » auront des graphismes simples, des sons et des couleurs vives. Des mouvements de caméra simples et très peu de changement permettrons une meilleure intégration de l’image et les scénarios se montrent répétitifs avec de légères variations (ex. MiMi la petite souris ou TroTro).

  • Stade préopératoire (2-7 ans)

Cette étape de développement est assez large et comporte donc de nombreux changements pour l’enfant qui débute les interactions avec les autres individus de son âge. Toutefois, la pensée se construit toujours de manière égocentrique et en résonnance avec ses expériences individuelles sachant que le concept du moi n’est pas encore intériorisé à 3 ans.La curiosité est grandissante dans ce laps de temps (la période des « pourquoi » s’installe) et l’enfant manifeste un animisme important en attribuant des pensées et émotions à des objets ou des animaux. Les explications subjectives avec de la magie par exemple prennent aussi le pas et c’est alors vers 4 ans que la période des angoisses et des cauchemars débute. En ce sens, des licences comme “Gabby et la Maison Magique” suivent très bien cette vision fantastique du quotidien en attribuant les pièces de la maison à des personnages magiques.

Ici les programmes visionnés vont particulièrement marquer l’enfant puisque l’écran sert à évacuer les sentiments ambivalents envers les parents. C’est aussi le moment d’introduire des dessins animés avec de la morale et une pensée symbolique qui met en relief des grands sentiments tels que l’amitié et l’entraide. Les Pyjamasques, par exemple, entrent complétement dans cette dynamique en promouvant le message qu’ensemble, on peut réaliser de grandes choses. Le dessin animé traite également du sentiment de justice et de la curiosité chez les enfants.

L’introduction à l’humour et au second degré se fait également à ces âges permettant des moments de partage devant les écrans. De plus, cette période marque le début de l’association des mots et des images par la mémorisation et la collection. C’est alors le début de l’attrait pour les séries avec des collectionnables tels que Pokémon ou Digimon.

  • Stade des opérations concrètes (7-11 ans)

À ce stade de développement, l’enfant utilise la logique sans pour autant accéder à une pensée abstraite qui lui permettrait d’appliquer une réflexion et ses connaissances à un sujet qu’il ne maîtrise pas encore. Les programmes pédagogiques sont fortement appréciés et les scénarios pouvant emmener l’enfant au-delà de son quotidien. C’est dans cette tranche d’âge que l’intérêt pour d’autres cultures ou d’autres époques pourra être le mieux exploité par les programmes.

L’âge social n’est cependant pas toujours similaire à l’âge du développement, d’où l’importance de pouvoir observer et parler avec l’enfant de ce qu’il voit et comment il intériorise les contenus visionnés. A titre d’exemple, un enfant qui sort du cinéma et reste muet sur ce qu’il vient de voir peut être sujet à plusieurs ressentis et les exprimer de manière parfaitement différentes. Le film peut avoir été vécu comme un moment entre parenthèses qui ne nécessitera pas de discussions en aval, son comportement restera le même et le visionnage n’aura pas provoqué d’émotions trop fortes chez lui. Ou dans un autre cas, le silence de l’enfant témoignerait d’un trop-plein émotionnel. La pression sera alors évacuée par un changement de comportement (une excitation ou un repli sur soi) et l’enfant pourra ensuite mettre des mots sur ce qu’il a vécu. 

En clair,

 

L’accompagnement des enfants et des parents devant les écrans s’impose comme nécessaire et le Haut Conseil de la santé publique s’est ainsi saisi de la question et a très récemment formulé des recommandations à destination des familles.

Tout d’abord, l’échange avec les enfants sur les contenus visionnés est indispensable. En effet, si cette importance du dialogue a été plusieurs fois abordée dans cet article, c’est parce qu’elle représente une réelle opportunité pour les parents et une condition sine qua non de l’utilisation saine des dessins animés. Nous pouvons citer Olivier Gérard, responsable des médias et usages numériques à l’UNAFqui indique : «Les écrans sont un vrai sujet de dialogue parent-enfant, surtout en dehors des périodes de tension. Ces discussions ne doivent pas se limiter à la question du temps devant les écrans. Il est important de s’accorder des moments réguliers d’échange en famille pendant lesquels les enfants peuvent raconter ce qu’ils ont vu ou fait et sur ce qu’ils ont ressenti.» Une seconde recommandation qui en découle est de privilégier et d’instaurer des moments d’usage collectifs des écrans. L’utilisation et la fréquence de visionnage des programmes est aussi l’objet de préconisation. Il est en effet conseillé d’éviter les écrans le soir, en mangeant ou bien dans la chambre ainsi que de passer trop de temps soi-même sur les écrans. 

Les dessins animés prennent ainsi une place de plus en plus importante au sein des foyers et c’est avec de bonnes pratiques que les enfants pourront profiter de la plus-value de ces programmes en pleine transition. En effet, on observe sur le marché une influence des animés et des mangas. Avec des licences reprisent en produits dérivés, des collaborations avec des marques de vêtements ou encore des animés aux productions de plus en plus importantes, cette tendance se consolide et s’installe dans la consommation des enfants.

Les Kidultes

Les Kidultes

Kidultes

Les Kidultes

Le jeu est reconnu depuis des années comme étant indispensable au bon développement de l’enfant. Il leur permet de renforcer leurs compétences motrices, cognitives, sociales et émotionnelles et leur permet de développer leur créativité et leur imagination, les aidant ainsi à construire l’adulte qu’ils seront demain. Selon le livre blanc publié par la Fédération du Jouet et de la Puériculture avec le soutien de la FCJPE et de l’ACFJF, les enfants passeraient en moyenne 1h24 à jouer en France. C’est leur activité n°1 à laquelle ils s’adonnent après les activités qui répondent à leurs besoins primaires comme dormir, manger, boire et aller à l’école. Mais finalement, jouer ne semble pas s’arrêter aux frontières de l’enfance, puisque depuis quelques années, on observe un phénomène qui ne cesse de grandir et de prendre de l’ampleur, celui des Kidultes, ces adultes qui ont gardé leur âme d’enfant et prennent encore du plaisir aujourd’hui à jouer ou collectionner. Une aubaine pour le secteur du jouet qui souffre aujourd’hui d’une baisse de la natalité mais qui profite de cette cible de passionnés. Véritable locomotive pour le marché, ils représentent aujourd’hui une part de 30% avec une progression de 7% de fin septembre 2022 à fin septembre 2023.

Mais alors qui sont ces Kidultes ?

Si initialement ces personnes jouant à des jeux étaient souvent stigmatisées, la place du loisir a grandement évolué pour devenir aujourd’hui un moteur de bien-être, permettant de s’éloigner des écrans et de d’échapper au climat social un peu trop anxiogène.

Le confinement a amplifié ce phénomène de recentrage sur soi et sur le jeu. Une très large majorité de personnes a bénéficié de temps pour se retrouver, jouer avec leurs enfants, sortir d’une routine imposée ou renouer avec leurs anciennes passions . Le besoin d’être en lien a aussi été moteur de cette dynamique ce qui fait que le confinement a été le théâtre d’une démocratisation des jeux multi-joueurs, collaboratifs et immersifs. Néanmoins, ce n’est pas la fin de la pandémie qui a signé l’arrêt de ces types de jeux, bien au contraire. Si la pandémie a permis une hausse de 63% du marché du puzzle selon les panelistes du cabinet NPD avec plus d’un million de boîtes vendues, l’après Covid a même confirmer cette tendance du retour massif aux jeux et loisirs. La multiplication des jeux créatifs, expériences immersives, bars à jeux ou encore la hausse de la fréquentation des parcs d’attraction mettent ainsi en exergue le besoin pour chacun de s’amuser et d’éprouver de la légèreté au quotidien.

L’émergence quasi-simultanée du JOMO (Joy of missing out) a été le témoin d’un besoin de ralentissement du temps et du désir de se recentrer sur soi ainsi que sur ses réelles envies, le tout à son propre rythme. Ainsi est apparu une multitude d’offres relatives au « slow living » et à la reconnexion répondant alors au besoin de renouer avec ses émotions profondes.

Le jeu est alors apparu comme source de spontanéité et support de ressentis, d’émotions mais aussi de vulnérabilité. Les regards se sont portés vers les jeux vintages et les grands classiques qui proposaient des gameplay plus longs, lents et complexes rendant les parties réellement immersives.

Le retour au plaisir a caractérisé cette période si particulière et son maintien semble aujourd’hui la priorité du plus grand nombre. Un plaisir léger, presque infantile renouant avec « l’enfant intérieur » présent chez chacun d’entre nous pour faire face à un climat anxiogène. Le contexte actuel est en effet difficilement compréhensible pour la plupart avec une situation géopolitique complexe, la montée en puissance de multiples questions sociétales et la prise de conscience relative à l’urgence climatique. Ce contexte global incite les adultes à trouver du réconfort dans le jeu. Cette apparente régression nostalgique a été décrite par le sociologue Rémi Oudghiri dans son ouvrage « Ces adultes qui ne grandissent jamais ».

De plus, avec un changement de conception relative à la place qu’occupe le travail dans la vie de chacun ou la levée des tabous autour de la pression sociale et sociétale (on peut par exemple évoquer la prise de parole des jeunes mères concernant la réalité du post partum) , les adultes montrent plus que jamais leur besoin de se détendre et de se libérer de la charge mentale du quotidien. Le loisir apparaissant alors plus que jamais comme pilier à l’épanouissement personnel.

Le réconfort d’une petite madeleine de Proust n’est donc pas de refus, et on observe ainsi depuis quelques années un important retour des objets du passé dans les modes de consommation. Le succès grandissant des licences renvoyant à l’enfance (dont la progression de 8% de 2021 à 2022 avait été constaté par la Revue du jouet), la réédition d’anciens jeux comme la version “Voyage autour du monde” de Monopoly , les tendances graphiques populaires des années 2000 (l’esthétique à la fois nostalgique et futuriste “Y2K” a d’ailleurs été considérée comme une des grandes tendances graphiques de 2024) ou encore le nouvel art de vivre « néo-vintage » tendent à concilier modernité et réconfort.

De plus si le rôle du jouet pour les enfants est de développer leur créativité, leur motricité, leur faire découvrir l’altérité ou la responsabilisation, le jeu pour adulte sert avant tout à sacraliser le temps pour soi consacré au loisir et à se dépasser et explorer ses limites. Une illustration de cette fonction serait le team building. En effet, dans ce cadre, le jeu est explicitement présenté comme une aide à la productivité et la coopération (interindividuelle) en entreprise. On s’éloigne ainsi de la dichotomie loisir pour enfant / réalité pour adultes.

En effet, le Tracker Junior City de 2021 qui posait l’affirmation « le jeu est réservé aux enfants » a reçu « NON » comme réponse à 59% et 3 adultes sur 10 se révélèrent consommateurs de jouets.

Si la réponse à cette demande ne se limitait au départ qu’aux boutiques de gaming ou aux commerces spécialisés, les marques ont aujourd’hui pleinement saisi l’opportunité de créer une offre variée dédiée aux adultes : jeux de cartes, de plateau, de construction, de création, d’exposition, de stratégie, etc.
Les kidultes, ces adultes qui jouent, sont donc actuellement sur le devant de la scène aussi bien pour la presse que pour les marques.

 

L’ère d’une reconnaissance sur le marché

Des bouts de rayons se sont développés, puis des sections de magasins et aujourd’hui on retrouve des catalogues spécialisés pour adultes à l’occasion des fêtes à l’instar de JouéClub et KingJouet qui ont chacun édité leur catalogue pour les adultes.

L’offre continue de se développer également. A titre d’exemple, si on retrouvait surtout des Funko pop ou du merchandising associé aux licences gaming chez les distributeurs, on constate une diversification des produits. Et malgré des inégalités géographiques qui demeurent, certaines grandes surfaces comme Leclerc ou Cora se sont montrées proactives en matière de disponibilité des jouets Collectors.

Toutes les marques se ruent désormais vers une (ré)édition de leurs produits au format adultes tels que les jeux de plateau Monopoly qui proposent des versions complexifiées, digitales, ou bien en collaboration avec d’autres marques. Les grands champions sont les jeux de société, les marques historiquement implantées mais aussi les licences. En ce sens, la plateforme Appinio a évalué en 2023 dans son article “Jouets en France : au-delà du plaisir, comprendre les tendances d’achat”, les préférences relatives aux types de jeux acquis par les adultes. 35% d’entre eux achètent des puzzles et casse-tête tandis que 25% se tournent vers les loisirs créatifs .

On observe également l’importance des collections, des collectables et des mini mondes pour les adultes qui permettent aux consommateurs de réellement s’approprier les gammes de jouets.

Il s’agit par ailleurs d’une course entre les distributeurs qui créent des offres toujours plus personnalisées et adaptées à cette cible qui semble tout juste être découverte : digitalisation des catalogues, développement des communications multicanales et même live Twitch pour présenter les nouveaux stocks.

Une cible avec le poids du marché du jouet sur les épaules

En l’état actuel des choses et dans le contexte de baisse du secteur du jouet, les kidultes se sont imposés comme (potentiels) sauveurs de l’industrie. En effet, si la Revue du jouet enregistrait en septembre 2023 de baisses significatives du côté des jeux premiers âges et préscolaires (-4,8% par rapport à 2022) ou du côté des poupées qui voyaient également une baisse de 3,3%, les puzzles et jeux de société, eux, étaient en hausse de 1,9%. Au total, le secteur jeu adulte représente 30% des parts de marché et donne donc naturellement le La sur les tendances .
Cette croissance s’explique dans un premier temps par la baisse de la natalité en France. En effet, le nombre d’enfants par femme diminue depuis 5 ans au sens des études de l’INSEE. A titre d’exemple, si en 2021 le nombre d’enfant par femme était estimé à 1.84, il est passé à 1.83 en 2022. Ainsi, la clientèle jeunesse se raréfie quelque peu et laisse place aux adultes qui se mettent de plus en plus aux jeux.

Enfin, dans un second temps, la croissance du secteur semble s’expliquer par le comportement d’achat des kidultes qui font des emplettes de manière moins saisonnière, plus compulsive et avec un budget disponible plus conséquent. Les leviers de passage à l’achat relèvent principalement du divertissement dans 72% des cas, de la détente à 55% et de la nostalgie à 25% au sens de l’article Appinio cité précédemment.

Justifiés par l’importance du bien-être, du développement et du loisir, les jouets deviennent presque des achats de première nécessité. Ce besoin de s’amuser se confirme en magasin. Pour exemple, la direction de King Jouet a indiqué une progression de 18% du secteur Kidulte dans ses rayons.

Sur les packagings, les âges sont mis en évidence, les designs sont plus professionnels et les matériaux plus réalistes et recherchés. Au-delà de fournir un temps d’évasion et de divertissement, ces objets acquièrent aujourd’hui une fin décorative mais également de collection. Nous pouvons illustrer cette tendance aux travers par exemple des bouquets de fleurs LEGO qui avaient fait parler d’eux notamment sur les réseaux sociaux lors de la Saint Valentin. En effet, les compositions florales de la marque (qui a alors crée un nouveau secteur dédié) ont été très bien accueillies étant donné leur immortalité et l’esthétique à la fois réaliste et décalée qu’elles offraient. La marque a également travaillé la construction d’un lifestyle et d’une viralité autour de cette gamme pour que les compositions de fleurs soient associées plus a de la décoration qu’a un jeu de construction. Le rendu final parait comme plus « crédible », plus réaliste justifiant ainsi un prix de vente plus élevé que celui de sa version destinée aux enfants.

Concernant le prix de vente de l’objet, l’effet IKEA (démontré en 2011 par l’Université d’Harvad) tend à justifier l’accroissement des budgets relatifs aux DIYs (do it yourself) et jeux de constructions. Ce biais cognitif consiste en une surévaluation de la valeur d’un bien ou d’une idée lorsque nous en sommes l’auteur. Autrement dit, un produit crée, monté ou assemblé par nos soins verra sa différence de prix justifié par le besoin d’accomplissement et de valorisation des individus. Le secteur du jouet utilise d’ailleurs fréquemment ce mécanisme pour proposer au consommateur des jeux et décors à faire soi-même ou encore des figurines de plateau à peindre.

Ces réalisations sont ensuite souvent partagées sur les réseaux sociaux où se créent de véritables communautés de joueurs et de fan de jeux en tout genre : Facebook héberge de nombreux groupes tels que PuzzleMania ou les gens partagent leurs puzzles réalisés, Instagram comptabilise plus de 550 000 publications sous l’hashtag “lpsphotography” et TikTok comporte une grande communauté d’utilisateurs adeptes des Unboxings, catégorie également très populaire sur Youtube ou sur Twitch. Des influenceurs se spécialisent alors dans la recherche de figurines, la restauration de jeux vintages ou encore dans la création d’histoires.

Un autre pan du marché se développe actuellement avec une panoplie de jeux transgressifs et décalés pour animer les moments entre amis. Blanc-manger Coco, JUDUKU, Make it meme ou encore LimiteLimite, ces jeux d’ambiance ont grandement été démocratisés grâce à Youtube et l’explosion des “feat and fun” sur la plateforme. Aujourd’hui, ils sont présents sur la plupart des réseaux sociaux et entretiennent une proximité basée sur l’humour avec leur clientèle.

Les marques sont donc désormais amenées à devoir innover et à se réinventer pour cibler et satisfaire une clientèle plus âgée à la recherche d’évasion et de temps consacré à soi. Si des marques comme LEGO n’ont eu aucun mal à prendre de l’avance sur ce marché au travers de collaborations avec d’autres licences telles que Star Wars ou Marvel, certaines autres enseignes restent timides ou s’éloignent de leur univers de base.

Les jeux pour Kidultes se sont ainsi imposés comme le pan incontournable du secteur du jouet jusqu’à obtenir leur FAN ZONE au sein du Preshow Noël de Deauville, salon professionnel qui se tiendra cette année du 18 au 22 novembre 2024.